on est tout ou rien, moi je suis plutôt rien. mes yeux brûlant, caressant l'idée que je puisse être quelqu'un & la vie m'arrache mes illusions. je me leurre constamment, je suis pathétique. mais je sais à quel point ça fait mal de se sentir trahie. je sais ce que c'est d'avoir mal à se recroqueviller la nuit, d'innocemment compresser sa bouche pour cacher sa douleur, empêcher que le cri ne s'échappe. c'était une erreur, une lamentable erreur de te laisser me bercer avec tes mots. regarde moi aujourd'hui. je suis écorchée vive, je m'accroche à mes semblants de vie. ma seule issue : idéaliser. regarde moi, j'ai même réussi à me figer un sourire. à me construire une facade. je ne me reconnais pas. je me confectionne une image tout droit sortie de la fiction, mes grands yeux cernés de noir et mon sourire glacé. mais ça ne marche pas avec toi, tu me connais par coeur. il suffit que tu me regardes dans les yeux. je n'ai plus aucun secrets pour toi c'est comme si tu me possédais. je t'en supplie, récupères les miettes de mon existence. je suis comme un puzzle où il manque une pièce, que faire ? mon corps entier souffre sous ce fardeau, je ne veux pas le partager. personne ne mérite cela. je préfère te protéger du vide, de mon néant. je ne veux pas t'attirer dans ma chute lente et douloureuse. on me supplie de vivre, comment faire lorsqu'on ne connait pas les règles ? lorsqu'on ne sait pas comment il faut s'y prendre ? certes c'est un réflexe sinon je ne serais pas ici, mais je veux dire vivre réellement. qu'on me donne un sens à cette errance, à cette perdition. on m'offre sauvagement un second souffle, une existence moi douloureuse loin de mon passé. je ne fouillerai plus dans ces souvenirs meurtris. mon coeur s'enflamme de moins en moins souvent, et la douleur dans ma poitrine s'efface mais ne disparaît jamais. c'est bien assez pour se relever et prendre son avenir en main. ma vie tient à quelques fils fondamentaux où je puise sans cesse mon inspiration. j'emprisonne l'air que j'inspire dans mes poumons, parce que je sais qu'un jour je perdrai cet automatisme, que je me perdrai tout court. pour l'instant, je m'accroche à la vie tant bien que mal. je saisi les moindres instants de peur que ma mémoire flanche. je me fixe des aspirations pour me forcer de continuer d'avancer, c'est dérisoire. que ferai-je après la date fatidique, après ce vendredi 4 septembre. aurai-je la force de tenir jusque là. mes démons continuent à me hanter, je désespère. ma propre vie me brûle les yeux, les lèvres tremblantes, je tente de ne pas succomber sous le poids du fardeau. combien de temps doit-on encore se mentir, se voiler la face ? des mélodies qui résonnent dans ma tête comme un espoir. peut-être est-ce cela qui me tient en vie ? peut-être que ma vie ne se résume qu'en huit lettres. j'ai toujours rêvé ma vie, ce n'est pas que la réalité me déçoit juste qu'elle ne me convient pas. mon échappatoire semble soudain me frapper de plein fouet. la vie ne tient qu'à un fil, qui peut se rompre à tout instant. mystérieuse fin, que je repousse par reflexe au plus tard. puisqu'on a peur de l'inconnue, du pire. on ne sait pas ce qui nous attend, je me leve chaque jour me demandant qu'est-ce qui me retiendra aujourd'hui de sombrer. une attente infernale, la seule chose que je sais c'est qu'on meurt tous à la fin. cette vie éphémère, on naît, part à la recherche du bonheur et lorsqu'on le touche enfin du bout des doigts c'est la fin du temps réglementaire : on sombre dans un trou noir. absurde avenir, il est temps de respirer à plein poumons jusqu'à se déchirer les entrailles. aspirerai-je jusqu'à la fin de ma vie à l'affliction ? au fond de moi, je sais que je prie pour le contraire. je veux apercevoir l'envers du décor, c'est en fait ce que chacun de nous désire. représenter quelque chose pour quelqu'un, ne pas mourir étranger. on a toujours le choix, il suffit de faire le bon.